J'ai modifié trois fois le template de Cloudy Days, depuis le début du mois. Ces modifications indiquent que je tiens plus à la forme qu'au contenu de ce blog. Voilà cinq années que, sur la bloggosphere, je donne mon avis à propos de tout et de rien . Je réalise seulement maintenant à quel point j'ai pu perdre mon temps. Enfin, je devrais dire que je savais depuis longtemps que je perdais mon temps et que j'ose, seulement aujourd'hui, le formuler par écrit. D'ailleurs, ce n'est pas uniquement en publiant sur la bloggosphere que je gaspille inutilement mon énergie : c'est exactement la même chose pour tout ce qui touche à ma vie au quotidien.
En effet, je me contente de survivre au sein de cette société qui ne représente pour moi aucun attrait particulier. Je vis au contact d'une population qui, dans l'ensemble, n'a aucun intérêt pour moi, puisque je ne partage que très peu de choses avec elle. Les interactions, entre mon entourage et moi, se limitent aux choses les plus triviales, celles qui sont inhérentes à l'alimentation, aux actes les plus usuels de la vie au quotidien. J'ai vraiment l'impression de vivre dans un bocal avec des gens que je ne déteste pas mais qui me laissent totalement indifférent. Ou, pour être plus précis : des gens qui me laissent totalement indifférent, tant que je n'ai pas à supporter leur présence trop longtemps, c'est à dire plus de dix minutes par jour, lorsqu'il me faut faire des courses ou régler un problème ou un autre, tel que, par exemple, faire faire la vidange de la voiture, quelques points de suture à la suite d'une blessure, et toutes ces choses inévitables auxquelles il faut faire face : la maintenance ordinaire du système vital.
Je me dis que si j'avais choisi de vivre ailleurs, en dehors du Palais de Cristal, ma vie se serait certainement déroulée autrement. Je n'en serais probablement pas à subir cette routine abrutissante au milieu de veaux qui se pissent dessus dès qu'un organisme sanitaire détecte un virus ou un autre à l'autre bout de la planète. C'est bien ça qui m'empêche d'avoir des relations avec mes concitoyens, c'est le fait qu'ils sont prêts à croire à n'importe quelle connerie dès qu'une institution quelconque, à commencer par les mass-medias, leur annonce une catastrophe imminente. Je ne partage pas leurs craintes - ni leurs espoirs - parce que je ne partage pas leurs représentations. Entre mon imaginaire et le leur s'étend une faille abyssale qui me semble infranchissable.
Même le blogging, la construction de ce pont virtuel, ne peut pas m'en rapprocher. Je ne peux que me bercer de l'illusion que nous avons quelque chose à partager par ordinateurs interposés. Mais, il faut se rendre à l'évidence...
Labels: blog, temps
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